Dans l’Education nationale, la succession des
politiques de l’emploi sans réflexion d’ensemble a provoqué la coexistence de plusieurs types de contrats publics ou privés, plus ou moins longs mais toujours aussi précaires et mal payés dans
l'éducation nationale. Les salariés concernés sont d’origine professionnelle aussi hétérogène que leurs contrats.
Pourtant ils occupent une place importante, voire indispensable, que ce soit
pour l’aide à la direction, la maintenance informatique, l’encadrement pédagogique ou l’aide aux enfants handicapés.
L’Etat et le ministère en tant qu’employeur ne respectent pas leurs obligations contractuelles notamment
en terme de formation qualifiante.
Les salariés, emplois de vie scolaire, à l’Education Nationale, sont encore plus en danger que les années
précédentes.
Le ministère a décidé de fermer tous les contrats d’aide au retour à l’emploi et d’avenir arrivés à terme pour
les remplacer par un contrat unique dont les conditions d’accès demeurent floues. La création des contrats uniques d’insertion, par Martin Hirsch, dans le cadre du pôle emploi, risque de
précipiter 30 000 salariés vers un retour à la case chômage.
A la suite d’une réunion organisée par le collectif national des employés de vie scolaire, 5 organisations
syndicales (CGT Educ’action, Sgen Cfdt, Unsa, FO, Snuipp (Fsu)) ont décidé de passer à l’action, en lançant une pétition et une motion à faire voter dans les conseils d’école.
Les actions interpro du 19 mars et 1er mai ont porté
cette revendication suivi d’une action nationale spécifique le 27 mai, déclinée dans les départements. De nombreux rassemblements des personnels précaires (CAE et CAV) ont eu lieu avec
audiences intersyndicales en préfecture.
Dans une deuxième phase, La FERC et la CGT éduc’ation ont proposé de réfléchir avec les personnels à la
définition de missions, des besoins en formation, des validations de l’expérience (VAE), de la possibilité de revendiquer des emplois statutaires dans les corps existants des différents versants
de la fonction publique (Etat, territoriale), de la création et la définition de nouveaux métiers dans le cadre d’une journée d’étude CGT ouverte aux autres organisations syndicales cet
automne.
L’intersyndicale nationale s’est adressée à F Fillon pour lui demander une
audience sur l’argumentaire suivant :
« Votre gouvernement fait de l'emploi sa priorité et pourtant il laissera en juin prochain une majorité de ces salariés
sans perspective d’emploi durable parce qu'ils n'ont pas bénéficié des formations nécessaires à leur insertion professionnelle.
Nous ne pouvons accepter que la seule solution soit pour eux de se retrouver
au chômage alors que le ministère de l'éducation nationale n'a pas rempli les obligations qui sont les siennes en terme de gestion, de formation et de suivi des personnels recrutés sous contrats
aidés.
Nous vous demandons de considérer ces situations qui n'ont que trop duré et
d'intervenir pour permettre à ces salariés de bénéficier d’une prolongation de contrat afin que des mesures soient prises pour mettre en œuvre les formations donnant accès à un véritable
parcours d'insertion professionnelle. »
Le 1er ministre a refusé de nous recevoir malgré plusieurs demandes
(intervention de François Chérèque à l’Élysée), et nous renvoie à Xavier Darcos qui nous renvoie lui-même à des services sans aucun pouvoir de décision.
Une nouvelle initiative vient d’être actée le 17 juin, elle appelle à une action nationale à Paris le 30 juin
sur le slogan : 30 juin, 30 000 salariés licenciés.
De nombreuses autres actions CGT ont été menées depuis trois ans en direction de ces salariés notamment sur la
prime pour l’emploi, la nature de leur temps de travail, leur formation, leur renouvellement de contrats…
Paris, le 18 juin 2009
Il reste 13 jours avant que 30000 EVS, embauchés dans le cadre du plan de cohésion
sociale de JL Borloo par le ministère de l'Education Nationale soient renvoyés au pole
emploi.
Embauchés en 2006 pour remplir des fonctions d'aide à la direction d'école ou
d'accompagnement des enfants handicapés, les EVS ont rempli leur mission dans les
écoles.
L'Etat, le Ministère du Travail et le Ministère de l'Education Nationale et leurs
représentants (préfets, directeurs départementaux du travail et de la formation
professionnelle, recteurs), n'ont pas rempli leur part du contrat, la formation et
l'accompagnement de ces salariés. Pendant trois ans, ces EVS n'ont rien eu de
l'accompagnement prévu dans leur contrat en terme de formation et de suivi de projet
d'insertion professionnelle.
Réservés aux bénéficiaires du RMI et des allocations de fin de droits ou de l'AAH, l'accès
aux emplois d'EVS avait permis à beaucoup d'entre eux de sortir de la situation de grande
précarité dans laquelle ils étaient et de retrouver une reconnaissance professionnelle et
sociale.
Arrivés au terme de leurs contrats, le gouvernement fait fi des expériences qu'ils ont
acquises au sein des équipes et auprès des élèves en situation de handicap; Il organise
un turn-over général, s'abstenant ainsi d'offrir des solutions et des perspectives aux
30 000 personnes concernées.
Dans le contexte de crise économique et sociale actuelle, la fin du contrat signifie , pour
eux, un retour à la case départ, au pôle Emploi, à une plus grande précarité.
Le Gouvernement , les ministères de l'emploi et de l'éducation nationale doivent prendre
en compte la situation de ces salariés dans le cadre du plan de lutte contre le chômage et
la protection des plus démunis..
Nous exigeons une prolongation de leur contrat au delà de juin 2009.
Nous exigeons que l'Etat, le ministère du Travail et le ministère de l'Education Nationale
respectent leurs engagements en terme d'accompagnement et de formation et donnent à
leurs représentants les moyens de les mettre en oeuvre.
Les 100 000 signataires de la pétition unitaire n'acceptent pas que le 1er juillet 30 000
EVS soient jetés à la rue.
Nous renouvelons notre demande de rendez-vous auprès du premier ministre.
Thierry Cadart, Secrétaire Général du SGEN-CFDT
Christian Chevalier, Secrétaire Général du SE-UNSA
Gilles Moindrot, Secrétaire Général du SNUipp-FSU
Catherine Perret, Co-secrétaire Générale de l'UNSEN-CGT
Murielle Michelin, Présidente de l'UNCEVS
Contacts presse :
SNUipp-FSU – Mathilde Radzion (01 44 08 69 32)
SE-UNSA – Brigitte Biardoux (01 44 39 23 93)
SGEN-CFDT – Edith Meaume (01 56 41 51 02)
UNSEN-CGT – Nicole Hennache (01 48 18 81 47)
UNCEVS – Muriel Michelin (06 18 99 50 43)
Cgt educ’action.
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