Où travailles-tu ?
A la clinique des cèdres depuis 2002, un établissement de 900 à 1000 salariés et qui depuis l’arrivée du groupe Capiau a subi des coupes sombres. Une promesse de réduction des effectifs qui nous a été faite dès l’arrivée de ce groupe à la tête de la clinique.
Qu’est ce qui t’a incité à te syndiquer ?
Depuis longtemps, je fréquente des amis qui sont syndiqués à la CGT, mon mari est également syndiqué, mais dans un premier temps j’ai préféré m’occuper de mes enfants, et maintenant qu’ils sont plus grands, je me sens prête pour entrer dans la bataille, bien décidée à faire avancer les choses. Ce qui a précipité mon adhésion c’est une convocation de ma directrice des Ressources Humaines pour nous informer que dorénavant toutes les nouvelles diplômées signeraient des contrats « jour-nuit ».
De toute façon j’y serai venue à un moment ou à un autre.
Ce contrat « Jour Nuit » permet à notre Direction de faire travailler les gens soit le jour, soit la nuit, alors qu’auparavant à l’embauche nous signions des contrats Jour ou Nuit. C’est une forme de flexibilité.
Comment as-tu rencontré le syndicat ?
J’ai rencontré le syndicat en venant directement à l’Union Départementale CGT.
Quelle était ta vision des syndicats avant de franchir le cap de l’adhésion ?
Extrêmement positive déjà, sinon je ne serai pas là. Pour moi, un syndicat c’est un instrument de support de lutte, pour faire avancer, pour empêcher de reculer aussi. Pour être sur un front avec tous les autres, avec les collègues qui sont syndiqués. Pour lutter contre toutes les réformes gouvernementales qui actuellement me semblent contre productives par rapport aux services à la personne, à l’être humain.
Aujourd’hui que tu es dans le syndicat ta vision est-elle modifiée ?
Oui et en positif ! Parce que mon approche s’était faite par mon entourage et là je dois dire que j’ai découvert la philosophie de la CGT. Une philosophie d’ouverture, d’écoute, une démarche réellement collective, c'est-à-dire qu’on fait avec les gens.
Et pourquoi la CGT, est ce que ton histoire personnelle explique ce choix ?
C’est vrai, c’est forcément lié à mon histoire personnelle, mais aussi parce que c’est un syndicat de lutte et de revendications. Je ne suis pas quelqu’un qui accompagne des réformes qui ne me conviennent pas. En tant qu’infirmière je ne vais pas mettre un pansement sur des blessures sans vouloir soigner la maladie.
Tu as participé à la journée accueil des jeunes syndiqués dans le cadre du Tour de France des UD, ton sentiment ?
Extrêmement sympathique de par la rencontre avec les autres, le coté interprofessionnel qui me plaît beaucoup, j’ai grand plaisir à rencontrer les militants des autres professions. On s’aperçoit qu’on a beaucoup de points communs par rapport aux coups que l’on prend. Pour moi c’est une idéologie qui est porteuse de ces coups, donc ce qui peut se passer dans l’aéronautique, aux impôts, à l’hôpital et ce qui se passe dans mon établissement, pour moi c’est la même maladie.
Le syndicat t’a permis de faire le lien ?
Au-delà de çà, je dirai que ça m’oxygène.
Depuis que tu es syndiquée tes contacts avec les autres salariés sont comment ? Ont-ils changé d’attitude avec toi ?
Je ne suis pas seule dans le syndicat. Notre action a permis de relancer le débat entre ce qui se passe chez nous et ailleurs.
Et du côté de la direction ?
La direction n’a pas changé d’attitude, simplement certains cadres me reconnaissent plus facilement. Sinon la direction a ses objectifs, fixés depuis longtemps et qui va essayer de les faire passer. Elle prendra le temps qu’il faut pour les imposer et naturellement ça s’aggrave pour nous de plus en plus : augmentation du nombre de lits, diminution des personnels, glissement des tâches, imposition de heures supplémentaires y compris à ceux qui ne veulent pas en faire, enfin vraiment ça tire à boulets rouges en ce moment.
Qu’est ce que tu pourrais dire à un salarié pour l’inciter à rencontrer le syndicat ?
Justement j’ai rencontré l’autre jour notre jardinier, et je l’ai interpellé sur notre situation car vraiment tout se dégrade, il n’y a plus aucune concertation avec les salariés.
Je l’ai interrogé : qu’est ce qui se passe pour toi ?
Il m’a répondu : et bien j’ai trois hectares à entretenir et en plus maintenant on m’impose de faire les vitres extérieures. L’autre jour m’a-t-il dit, on a demandé aux brancardiers de passer la tondeuse ! Je n’en peux plus, c’est plus possible !
Et je l’ai invité à venir se battre avec nous, à apprendre à dire non et à dire non ensemble, “ne te bats pas tout seul. “
Mon objectif est de fédérer toutes les résistances, d’abord en informant les personnels sur ce qui se passe dans les autres services et ensuite les amener à construire une démarche collective de mobilisation.
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